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Ambulanciers, des conditions de travail au goût Amer

Le métier de paramédic (Technicien Ambulancier) est difficile et les conditions de travail qu’ils font au quotidien se retrouvent au sein de nombreuses problématiques, malgré plusieurs tentatives de réorganisation qui connaissent des ratés, de par plusieurs incidences régulières qui ont tendances à provoquer un malaise important chez ces professionnels du monde de l’urgence.


Dans les plus régulières, les temps de repas, le manque de véhicules, le temps d’attente dans les hôpitaux en zone de triage, la fiabilité du matériel informatique (RAO) qui est sans cesse en troubles, ne donne pas la bonne localisation des lieux d’interventions (noms de rues identiques liés à des secteurs différents et parfois distants de plusieurs dizaines de Km), en effet, selon les T.A, la fiabilité du RAO est de 1 appel sur 3, ils rapportent des problèmes de perte de signal, erreurs d’informations qui s’effacent toutes seules et bien d’autres exemples de défaillances de ce système.


Autant d’évènements qui font que pour le citoyen en attente d’une ambulance pour un cas médical pouvant le mettre en péril, le temps d’intervention peut s’avérer très long et représenter un réel danger.


De nombreux appels sont placés en attente et souvent durant plusieurs heures, tels que rapportés et Québec n’est pas le seul secteur impliqué, mais il arrive souvent que des ambulances appartenant au Comté de Portneuf, la Rive Sud, Charlevoix, etc, soient obligées de quitter leurs secteurs respectifs, afin d’assister leurs collègues de Québec pour effectuer des transports.


Ce qui nous amène à plusieurs récits d’ambulanciers qui sont amers et travaillent sans relâche, sans prendre de repas.


Dans les cas cités, en fin d’année 2010, un bébé de 5 semaines est inconscient, l’appel est donné en Priorité 1, après que ses parents l’eurent retrouvé en arrêt respiratoire, son cœur est au ralentis (Carte 9, qui est un problème cardiaque), les parents ont effectué les manœuvres d’assistance respiratoire durant plus de 15 minutes, en attendant qu’une ambulance soit disponible pour intervenir auprès du poupon.


Début décembre, une Ambulance de Portneuf est demandée pour effectuer un transport à Québec, pour pallier au manque de véhicules flagrant.


Autre cas relaté, fin décembre 2010, une femme enceinte de 25 semaines a perdu conscience dans un centre d’achats, elle est inconsciente, le danger est bien réel et le fœtus qu’elle porte est menacé, si rien n’est fait rapidement.


L’appel au 911 a été fait vers 15 h 48, un premier véhicule est envoyé, mais sera détourné pour couvrir une autre urgence, finalement, l’appel sera remis à 16 h 04 à une autre ambulance qui se présentera auprès de la patiente, vers 16 h 07, afin de lui porter secours.


Le 9 janvier dernier, dans le secteur Bardy / Ste-Pie X, une jeune femme de 22 ans est en convulsions, elle ne respire plus, son état est jugé sérieux et nécessite un transport en Réanimation, il n’y avait pas d’ambulance disponible et ce sera seulement près de 24 minutes plus tard que les  paramédics seront sur les lieux, alors que l’appel a été donné en priorité 1, soit, un délai d’intervention approximatif de 9 minutes.


Selon les explications fournies par un témoin, la jeune fille pourrait se retrouver avec une atteinte sévère aux facultés neurologiques, suite à cet évènement.


De nombreux autres cas pourraient faire partie de cette liste, mais il y a hélas, des dossiers qui font l’objet d’enquêtes de toutes sortes, qu’elles soient administratives ou policières, des ambulanciers rencontrés se confient et d’autres ont peur de parler.


Dans les griefs les plus fréquents et qui concernent les conditions de travail, il y a l’épuisement professionnel, mais aussi, du personnel qui on des problèmes de diabète et qui se retrouvent en hypoglycémie au volant, à des taux ahurissants, en bas de 4.0.


On ne peut passer sous silence, le fait que des ambulanciers souffrent de dépression, liées au stress, charge de travail, temps de repos insuffisant et problèmes de santé qui peuvent mener à des arrêts de travail allant de 15 jours à plusieurs semaines ou mois.


La majorité des plaintes sont à l’encontre de l’Agence de la Santé et des Services Sociaux qui est l’un des principaux décideurs en matière de finances.

Ce qui a fait l’objet d’un article, rédigé par l’une des principales concernées qui se retrouve au cœur de toute cette problématique, causée par de gros manques, de l’Agence de la Santé et des Services Sociaux de la Capitale.


Son titre : La Vérité toute crue


Saviez-vous qu'à chaque jour, VOTRE vie est en danger? Depuis plusieurs semaines, les effectifs ambulanciers de la ville de Québec sont surchargés! Pendant plusieurs minutes,VOTRE ville se retrouve complètement découverte d'une ambulance disponible si quelque chose VOUS arrivait! VOUS pourriez être celui qui ne recevrait pas les services d'une ambulance dans un délai respectable! VOS paramédics tentent de VOUS offrir les meilleurs services mais l'agence vous met VOUS et VOS PROCHES en danger!  Que faut-il faire pour vous sensibiliser?  La centrale 911 et les paramédics s'essoufflent et s'inquiètent sur le fait que le gouvernement ne réagira que s’il y a mort d'un individu.  Pensez-y... vous pourriez le connaître cet individu.  PRENNEZ LES CHOSES EN MAIN MAINTENANT.


 Et en conclusion de sa lettre, elle demandait ce qui suit.


Faites circuler l'information et signez ou commentez pour appuyer notre demande qui est de VOUS PROTÉGER adéquatement!!!


Selon les statistiques, il y a eu une baisse au niveau des appels en 2010, en effet, il y aurait eu 300 appels de moins, par rapport à 2009, mais il faut savoir qu’en 2009, les ambulanciers se rendaient automatiquement sur toutes les 1ères Alarmes, en assistance incendie.


Ce qui ne se fait plus, depuis près de un an, maintenant et qui aura eu pour effet, d’alléger le nombre de sorties d’ambulances.


La Cie d’ambulances DESSERCOM qui est propriétaire de 5 permis d'ambulances pour la région de Québec, fournit maintenant, 2 véhicules de plus pour chaque quart de travail.

 

DESSERCOM qui, à partir du 1er juin 2011, porte le nom d'Ambulances de la Capitale Nationale pour la grande région de Québec.


Il faut savoir que la couverture du secteur d’intervention ambulancier s’étend de Boischâtels à Neuville  et du Fleuve à l’Étape, lorsqu’un seul véhicule est disponible pour couvrir tout ce territoire, le problème est majeur et des citoyens se disent en danger.

 

Un technicien confiait que la morale de cette problématique était encore une histoire d’argent, il continue en mentionnant que la population doit saisir que le système est fait tel que, pour faire du profit, en gérant les priorités d’appels et en modifiant les tableaux de priorités, ce qui représente juste un exemple sur 100.


L’agence souhaite que les V.A soient toujours en mouvements, à couvrir des demandes d’interventions, ce qui est bien plus rentable que de laisser des véhicules en attente dans les points de services.


Au moment de recueillir ce témoignage, il était 22 h 15 et il y avait 11 V.A pour la soirée, mais seulement 2 de disponibles pour la couverture entre Boischâtels et Neuville et du Fleuve à l’Étape, mais, sur les 2 V.A, il y en avait un qui était hors secteur pour un transfert à Montmagny.


Les seuls temps ou il y a des V.A supplémentaires, c’est lors d’évènements majeurs, tels que la St-Jean-Baptiste, le Red Bull Crashed Ice, le Festival d’été, etc…


Plus récents encore, en faisant un retour sur les dernières semaines, il y a eu en février 2011, 359 appels qui n’ont pas été desservis dans le délai de 9 minutes régulières.


Les 21 et 22 janvier derniers ont aussi remporté la palme du citoyen en danger, en effet, le 21 janvier, sur un chiffre de 12 H, on parle de près d’une heure sans aucunes ambulances disponibles entre Boischâtels et Neuville et du Fleuve à l’Étape et le 22 janvier s’est présenté en battant le record du jour précédant, avec 1 H 41 sans aucunes ambulances pour toute la région de couverture, sur un chiffre de 12 H.


Les policiers ont maintenant aussi en plus de leur rôle de représentants de l’ordre, l’occasion régulière de servir de TAXIS vers les centres hospitaliers, car, vu la problématique du manque d’ambulances et de leurs nombreuses tâches professionnelles, ils ne peuvent plus se permettre d’attendre des ambulances qui ne se présentent pas dans les délais raisonnables, ce qui a encore été le cas à 2 reprises connues, durant la fin de semaine des 26 et 27 mars 2011, durant les nuits, entre 18 h 00 et 06 h 00.


Actuellement, le syndicat a tenté de négocier avec l’agence, en demandant 7 ambulances, ce qui coûterait 1.1 million de $, hélas, l’agence s’est heurtée à un non catégorique, avec la mention, pas de négociations avec le Syndicat.


L’agence souhaite seulement discuter et négocier avec l’employeur et lorsque l’éventuelle entente pourrait se concrétiser, l’agence ferme la porte.


Les Paramédics souhaitent juste que 7 V.A soient ajoutés par jour (24 H), ce qui devrait pouvoir éviter de semblables situations.


Le gros problème vient de l’agence, car, au niveau de la C.T.A.Q.M (Coopérative des Techniciens Ambulanciers de Québec Métro), l’employeur est ouvert à la demande de son personnel Paramédic.


Conclusion : Le Syndicat est en faveur des T.A, l’Employeur est ouvert et à l’Écoute de ses employés, l’Agence continue à faire la sourde oreille, ce qui continue de créer conflits et tensions avec le quatrième joueur, qui est la Centrale de Répartition des Appels et qui au travers de tout ce bazar, tente de gérer le tout, 24 h / 24 et 7 Jours / 7.


Chapeau aux T.A et Répartiteurs qui font un travail exceptionnel et bonne chance à l’employeur qui est pris dans un dialogue de sourds, qui place le citoyen en danger potentiel.


En attendant, les problèmes durent et perdurent, les Techniciens Ambulanciers continuent de faire leurs quarts de travail, sans avoir eu le temps de prendre leur repas, ou alors, à peine débuté, doivent laisser leur bouffe pour couvrir un autre appel et ainsi de suite.


Les T.A, à bout, exténués, stressés, ont décidé d’entamer des démarches et faire des sorties autres que sur des interventions, en effet, ils sortent et interviennent directement au micro des stations de Radios et stations de télévisions de la Région, afin de dénoncer la problématique dont ils sont victimes, de la part de l’agence.


Malgré tout, le ministre responsable de tout ce débat, Claude Bolduc, soutient mordicus, que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

Reportage : Fabien Demarteau : Patrouilleurs Médias Québec.

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